HISTOIRE DES ROSIERES





On attribue à Saint Médard, évêque de Noyon puis de Tournai, l'institution en 530 de la première "Rosière" à Salency, son pays natal, commune du canton de Noyon dans l'actuel département de l'Oise.

A cette époque on décerne à une jeune fille  le prix de la vertu en lui donnant une couronne de roses. Par la suite, s'étendant à plusieurs autres communes de France, l'usage y ajoute un bijou et une somme d'argent.

En 1599, à La Mothe Saint-Héray, Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, veuve de Louis de Saint-Gelais et dame de La Mothe, lègue par testament daté de 1594, 40 écus à "répartir entre plusieurs pauvres filles à marier de la paroisse", préfigurant ainsi la coutume instituée plus tard par Charles-Benjamin Chameau.

Sous Louis XIII cette pratique s'étend un peu partout sur le territoire national  et à l'occasion de la date du couronnement de l'empereur Napoléon un décret du 13 Prairial de l'an XII (2 juin 1804) édicte qu'il est accordé pour chaque arrondissement de l'Empire, une somme de 600 francs destinée à la dotation d'une fille pauvre et de bonne conduite.

Actuellement si certaines communes continuent à organiser des "Fêtes des Rosières", ce ne sont que des manifestations folkloriques. Deux seulement dans toute la France, perpétuent la tradition dans sa totalité, avec mariage civil et religieux et dotation de la mariée: ce sont Laon et La Mothe Saint-Héray.





Le 23 Avril 1749 naît à La Mothe Saint-Héray Charles-Benjamin Chameau, d'une des familles bourgeoises les plus anciennes et les plus aisées du pays. Après des études de droit à Poitiers, il devient avocat au Parlement de Paris.


La tradition des Rosières à La Mothe Saint-Héray est perpétuée grâce à son testament de 1816 qui stipule:

"...J'institue pour mon légataire universel (...) l'établissement perpétuel de Bienfaisance que je veux qui soit formé à la diligence de mon exécuteur testamentaire dans la commune et paroisse de La Mothe Saint-Héray après l'acceptation du legs par S.M. Louis XVIII, mon Auguste Souverain ou par son successeur légitime. Il portera le nom d'ETABLISSEMENT PERPETUEL DE CHARLES BENJAMIN CHAMEAU, né à La Mothe Saint-Héray, le vingt trois Avril dix sept  cent quarante neuf, décédé à Paris le ..." ... "Son objet, suivant mon intention et ma volonté, est le mariage annuel de quatre jeunes filles de la Paroisse de La Mothe Saint-Héray, choisies et nommées par le bureau à la majorité absolue des suffrages, au scrutin secret, dans la classe des plus indigentes de la paroisse, et parmi celles qui seront reconnues avoir, depuis leur première communion, donné les preuves, par leurs actions, de l'accomplissement de leurs devoirs envers Dieu, la Patrie et le Souverain, leurs parents et l'humanité, et qui seront sages et laborieuses."...